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La contagion du bonheur de vivre

 

Oui, c’est bien le bonheur de vivre qui fait contagion, à la lecture de ce livret de Patrick Viveret. Le philosophe, grand militant de la cause humaine (titre d’un de ses derniers livres) et promoteur du « convivialisme » comme des « dialogues en humanité » (rencontres annuelles, à Lyon), propose aujourd’hui d’opposer « la joie de vivre et la solidarité (…) aux phénomènes de peur et de postures individualistes qui risquent de se développer dans les temps bouleversés que nous allons connaître ». L’originalité du propos n’est bien sûr pas dans l’appel à l’exercice de la solidarité, certes plus nécessaire que jamais, mais dans l’affirmation du principe de bonheur comme force essentielle pour vaincre "les coups gigantesques du mal-être et de la maltraitance" reçus par l’humanité contemporaine.
Les mots de Patrick Viveret dansent une jolie valse, dont le mouvement dynamique et souple convainc vite le lecteur : "La joie de vivre, le plaisir, l’art de vivre à la bonne heure sont loin d’être un luxe qui nous éloigne de l’urgence sociale", précise-t-il justement avant d’ajouter : "la "bonne heure" est, à l’inverse, la ressource qui permet de répondre à cette urgence" Il ne s’agit donc pas ici d’hédonisme, et surtout pas d’égoïsme, mais bien d’une philosophie existentielle qui relie la création de soi à la "citoyenneté", la joie à la responsabilité. Alors, si, écoutant Patrick Viveret, nous entrions tous en "résistance créatrice", il se pourrait que notre triple exigence "d’amour, de bonheur et de sens" soit enfin "honorée".
À la bonne heure !

Antoine Peillon, La Croix, mardi 24 juillet 2014