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Un avis de lecteur !

 

Bel exemple et modèle d’intégrité que le singulier parcours de Patrick Viveret !
Celui qui fût l’intellectuel du Rocardisme de la grande époque, un des esprits les plus brillants de sa génération, magnifique orateur qui enthousiasmait les salles sans jamais jouer les matamores, aurait pu prétendre aux plus hautes fonctions ministérielles. Il a préféré rester fidèle à la définition première du mot ministre qui signifie serviteur et d’utiliser ses multiples talents non à construire une carrière personnelle mais à servir authentiquement le bien public.

L’État d’abord puisqu’il a notamment travaillé à la Cour des Comptes à l’évaluation des politiques publiques, mais plus largement la société dans son ensemble sur laquelle il n’a cessé de réfléchir à partir de son regard de chrétien de Gauche, de sa formation de philosophe, et de son expérience des rouages de l’État.

Avec ce dernier livre Patrick Viveret nous propose une synthèse de sa pensée actuelle car celle-ci, bien enracinée dans ses convictions de toujours, est essentiellement pratique et s’adapte aux évolutions socio-économiques. Remarquable pédagogue il sait éclaircir les enjeux de la crise, mot "qui empêche de voir l’immense mutation qui est à l’œuvre au cours de la dernière période historique et l’incapacité de l’oligarchie mondiale et du capitalisme à répondre aux besoins de changement".

Au passage Viveret qualifie d’arnaque la situation actuelle, la crise étant l’occasion d’une augmentation phénoménale des richesses de quelques uns concomitante avec la paupérisation croissante de tous les autres.
Mais Patrick Viveret n’en reste jamais à des constats désabusés, toujours il ouvre des perspectives et propose des méthodes, ce dont nous avons sans doute le plus besoin pour sortir du marasme et du pessimisme.
Il réfléchit globalement, considérant les trois défis essentiels : l’environnemental, le social, le financier et soutient des expérimentations certes locales ou partielles, l’heure n’est plus au grand soir, mais qui témoignent d’un nouvel état d’esprit qu’il est nécessaire de promouvoir.

Car, et c’est surtout en cela que Patrick Viveret est intéressant et tonique : il a compris qu’à la racine de nos problèmes il y avait une posture existentielle erronée, celle qui, pour faire vite, nous fait accorder la primauté à l’avoir sur l’être. C’est pourquoi il attache une grande importance à la convivialité et à la créativité culturelle.
"La joie de vivre et la solidarité sont en effet les deux ressources majeures face aux phénomènes de peur et de postures individualistes qui risquent de se développer dans les temps bouleversés que nous allons connaître" nous dit-il en conclusion, et c’est animé de ces valeurs, porté par leur souffle, que nous pourrons vivre à la bonne heure.

Article de Yves Léonard, le 21 aout 2014.